AAsSz8P.jpgPatrick Lionnet, le père de Sophie, la jeune fille au pair tuée à Londres, attend des réponses de la part du couple de Français soupçonné de ce crime au mobile inconnu.

L'espoir était infime. Il n'est plus : mardi, Scotland Yard a confirmé que le cadavre retrouvé calciné il y a deux semaines dans le jardin d'une résidence cossue de Wimblebon, au sud de Londres, était bien celui de Sophie Lionnet.

 En dépit d'une carte d'identité retrouvée sur place, une comparaison ADN avait été ordonnée afin de permettre une authentification officielle, le corps étant tellement détérioré qu'il n'avait dans un premier temps même pas été possible d'en déterminer le sexe...

 

Cette terrible confirmation, Patrick Lionnet, le père de la jeune fille au pair de 21 ans, s'y était résigné. « Quand la police vous réveille à 4 heures du matin pour vous annoncer ça, c'est qu'elle est sûre d'elle... » soupire-t-il doucement, le débit légèrement ralenti par les antidépresseurs qui, depuis quinze jours, le « tiennent debout ».

 

A Saint-Julien-les-Villas, près de Troyes (Aube), où a grandi Sophie avant de partir vivre avec sa mère à Paron (Yonne), Patrick Lionnet a reçu d'innombrables marques d'affection. « Même de la part de voisins que je connais à peine, mais qui se souviennent de Sophie, toute petite », dit-il, soudainement absorbé par ses souvenirs... tout ce qui lui reste de sa fille, anéantie par un couple de Français installés à Londres, Ouissem Medouni, 40 ans, et Sabrina Kouider, 34 ans — elle gardait les deux enfants de cette dernière depuis dix-huit mois. Le couple a été mis en examen pour meurtre la semaine dernière en Angleterre.

 

Une qualification criminelle qui pourrait évoluer, en fonction des conditions dans lesquelles a péri Sophie. Son père, lui, a reçu les premiers éléments de plein fouet, sans filtre. « Les policiers m'avaient juste parlé d'un homicide très violent... Le jour même, se souvient-il, j'ai vu le visage de ma fille et le sac à viande qui contenait les restes de son corps dans la presse », se désole-t-il.

Une seconde autopsie pour déterminer les causes de la mort

Mardi, les enquêteurs anglais l'ont informé qu'une seconde autopsie allait être menée afin de déterminer les causes de la mort de Sophie. « C'est surtout ça que je voudrais savoir, répète Patrick Lionnet, sans haine. Je voudrais juste savoir comment ma gamine est morte... Je veux savoir si elle a souffert... Je veux connaître les derniers instants de ma fille. »

 

Pour l'heure, rien n'a filtré des auditions menées en Angleterre sur le mobile de ce meurtre. Il apparaît néanmoins qu'un différend opposait Sophie à sa patronne, et que la jeune fille au pair souhaitait ardemment rentrer en France... ce qu'elle aurait dû faire le 7 août, avant que Sabrina Kouider, Française installée depuis plusieurs années à Londres, où elle se disait « styliste » et « maquilleuse », ne s'y oppose.

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Exploitée, affamée, battue, insultée... Sophie n'aurait rien laissé transparaître de son calvaire, notamment à ses parents. « Elle m'a envoyé une carte postale fin juin pour la Fête des pères, elle disait : Papa, je rentre en juillet. Si j'avais su... » répète Patrick Lionnet, qui espère que ses meurtriers soient « sévèrement punis ». « Oui, reprend-il, soudain plus incisif. Je n'avais qu'une fille... et elle ne méritait pas d'être massacrée comme ça. Bon sang, il faudra bien qu'ils répondent à cette question : Pourquoi ? »

 

SOURCE LE PARISIEN